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Adieu « KID » et surtout, merci…

par Jacques Doucet

La liste des anciens joueurs et gérants des Expos qui nous ont quitté pour un monde que chacun espère meilleur commence à s’allonger…

On peut se rappeler facilement de Carl Morton, la recrue de l’année en 1970 qui est décédé en 1983 et aussi de John Bateman, le premier receveur des Expos en 1969 qui l’avait imité en 1996.

Plus récemment, Charlie Lea, auteur d’un match sans point ni coup sûr contre les Giants qui a succombé à une crise cardiaque en 2011 ainsi que le bon vieux fermier Woodie Fryman, parti la même année.

Et chez les gérants, Gene Mauch, le tout premier des Expos, décédé en 2005 ainsi que Dick Williams qui l’a suivi en 2011 sans oublier Karl Kuelh qui est mort en 2008.

Il y en a plusieurs autres, mais je ne mentionne que ceux-là pour la simple raison qu’ils ont marqué l’histoire des Expos.

Surtout Gene Mauch et Dick Williams.

Mais jamais autant que celui qui vient de succomber : Gary Carter.

Celui qu’on surnommait « LE KID » a laissé une marque indélébile dans l’esprit et le cœur des amateurs de baseball du Québec.

Personne ne pourra oublier son large sourire, sa disponibilité, son implication dans la communauté québécoise et sa chaleur humaine.

Gary était ce qu’on décrit dans le baseball majeur : un GAMER !


Un gamer, c’est un joueur qui se présente tous les jours, blessé ou non, qui s’implique comme pas un dans un match et qui répond à l’appel dans les moments critiques.

On peut rappeler la transaction qui a envoyé Rusty Staub aux Mets et celle de Mike Torrez et Ken Singleton aux Orioles ou encore les échanges bâclés suite à la grève de 1994 (John Wetteland aux Yankees, Marquis Grissom aux Braves, Ken Hill aux Cards). On peut aussi penser aux André Dawson, Larry Walker ou Vladimir Guerrero qui ont quitté les Expos en empruntant le chemin des joueurs autonomes.

Mais, à mes yeux, quand les Expos ont échangé Gary Carter aux Mets de New York en décembre 1984, ils ont laissé aller celui qui jusque-là avait été l’âme de l’équipe ou si vous préférez, le général du club.

Certes, il ne faisait pas l’unanimité auprès de ses coéquipiers car, lui, avait compris le rôle qu’une vedette devait jouer auprès des représentants des médias et des partisans.

Autant dans la victoire que dans la défaite, autant après un match où il avait claqué trois circuits ou qu’il avait été tenu en échec en cinq visites au bâton, jamais Gary Carter a refusé de parler aux journalistes après un match. Il ne s’est jamais défilé en cherchant refuge dans la salle du soigneur ou encore allait-il prendre une très longue douche pour que les journalistes, poussés par l’heure de tombée, vident le vestiaire en mal de commentaires.

Son attitude lui valu, plus souvent qu’aux autres, de voir sa photos dans les pages des journaux ou encore d’être le joueur le plus souvent interviewé devant les caméras de la télévision.
 

Et Gary Carter avait aussi comme priorité d’être fidèle à sa famille et à sa religion. Pas de poudre aux yeux comme certains joueurs qui, après des années d’écarts de conduite, clamaient tout haut avoir redécouvert le Christ.

D’ailleurs, lorsque la terrible maladie qui vient de l’emporter s’est déclarée, Gary Carter a immédiatement dit qu’il allait se battre avec toute son énergie, tout en s’appuyant sur l’intervention de Dieu. Surtout qu’après avoir eu une lueur d’espoir, il aurait pu tout simplement baisser les bras lorsque de nouvelles tumeurs sont réapparues.

Gary Carter, c’était un VRAI!

Merci Gary d’avoir été l’un des joueurs les plus fiers à avoir porté l’uniforme des Expos et merci de nous avoir permis, au cours de 12 saisons et plus de 6 000 matches, de voir à l’œuvre un très grand joueur.

Voici, en guise de conclusion, des moments à retenir dans la carrière de Gary Carter : -- Sélectionné lors de la troisième ronde du repêchage amateur de 1972…

-- Premier match dans les majeures, le 16 septembre 1974 contre les Mets avec une performance de 0-en-4... -- Il termine deuxième dans le scrutin de la Recrue de l’Année en 1975, grâce à une moyenne de ,270 avec 17 circuits et 68 points produits en plus de participer au premier de ses 11 matches des Étoiles…
 

-- Il connaît une saison du tonnerre en 1980 avec une moyenne de ,283 avec 29 circuits et 101 points produits et il termine su deuxième rang dans le scrutin du Joueur le Plus Utile à son équipe derrière Mike Schmidt, des Phillies. Il s’établit aussi comme l’un des meilleurs receveurs du baseball majeur…

-- Lors de la saison 1981, écourtée par une grève des joueurs, il présente une fiche offensive de 16 circuits et 68 points produits en seulement 100 matches. Lors de la série de championnat de la division Est contre les Phillies, il claque deux circuits avec une moyenne de ,421. Puis, contre les Dodgers dans la série de championnat de la Ligue Nationale, il présente une moyenne de ,438, mais le circuit de Rick Monday propulse les Dodgers en série mondiale. Cette année-là, ses deux circuits lors du match des Étoiles lui ont valu le titre de Joueur le Plus Utile…

-- En 1984 il a dominé la Ligue Nationale avec 106 points produits et lors du dernier match de la saison, contre les Mets, il offre une performance de 3-en-4, dont un circuit… -- Le 8 décembre 1984, les Expos échangent Gary Carter aux Mets en retour du lanceur Floyd Youmans, du receveur Mike Fitzgerald, de l’intérieur Hubie Brooks et du voltigeur Herm Winningham…

-- À son premier match avec les Mets, Gary Carter canonne un circuit aux dépens de Neil Allen, des Cards de St-Louis, à la fin de la 9e manche… -- Il termine la saison 1985 avec une fiche de 32 circuits et 100 points produits, mais les Mets, malgré un dossier de 98 victoires, terminent au deuxième rang derrière les Cards et ne participent pas aux séries d’après-saison…

-- En 1986, Carter cogne 24 circuits et produit 105 points et il permet aux Mets de remporter le championnat de la division Est de la Nationale.

-- Lors des séries de 1986, alors qu’il était dans une profonde léthargie offensive, Carter cogne le simple décisif en fin de 12e manche, procurant ainsi une priorité de 3-2 aux Mets contre les Astros, prélude d’une victoire en 16 manches contre les Astros qui leur donnait le championnat de la Nationale…

-- En déficit 1-2 contre les Red Sox de Boston en série mondiale, Carter claque deux circuits lors du 4e match et permet aux Mets d’égaler la série. Puis, lors du mémorable 6e match, Carter se présente au bâton alors que les Mets en sont rendus à leur dernier retrait, et les Mets amorcent une poussée incroyable qui se termine par le roulant de Mookie Wilson entre les jambes de Bill Buckner. Les Mets gagnent la série mondiale deux jours plus tard…

-- L’offensive de Carter ralentit en 1987 alors qu’il cogne seulement 20 circuits et produit 83 points. Les Mets terminent deuxièmes derrière les Cards. En 1988, il ne frappe que 11 circuits, mais les Mets gagnent le titre de la division Est avant de s’incliner devant les Dodgers en série de championnat.

-- Celui qu’on avait affublé du sobriquet «Le Kid» est admis du Temple de la Renommée du baseball majeur en 2003.

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